Snakee - Je veux de l’air (2008)

Rap

lundi 5 mai 2008, par octavener

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Après un maxi et un album au sein de son groupe P2R Prod, le MC Snakee sort en 2008 son album solo : Je veux de l’air . Contrairement à l’album de P2R Prod, Snakee n’est pas derrière la prod : il rappe sur les instrus de Madlib, producteur américain, à l’exception de la première piste : Intro Pulp Fiction. Comme le titre le laisse deviner, il s’agit d’une intro à base de samples du célèbre film, le résultat est donc mitigé : autant les samples que Snakee a extrait de cet excellent film sont bien choisis et contribuent à démarer son album dans une ambiance adéquate, autant ces samples ont été trop utilisés à tort et à travers avec plus ou moins de talent, et même si en l’occurence le mix est bien fait, on regrettera cet aspect "déjà entendu". Mais rien ne sert de se braquer, il ne s’agit que d’une intro, voyons plutot ce que nous réserve la suite, à savoir le rap de Mr.Snakee. Le premier morceau, j’alterne mes états donne le ton. Un brin de mélancolie dans la voix, appuyé par l’instru très bien choisie qui rappelle l’ambiance que mettait Akhenaton dans son album Sol Invictus , mais l’univers ne Snakee se veut toutefois plus pêchu.

2ème constat, l’ambiance générale de l’album est nettement plus sombre que Il était une fois dans l’underground de P2R Prod : finit les morceaux ragga sur fond de percus, finit aussi les choeurs émeutiers qui scandaient certes des textes revendicatifs mais transmettaient une atmosphère de solidarité et de camaraderie, sur cet album Snakee est seul, et même s’il on trouve quelques featurings, cette solitude se ressent. Est-ce un défaut ? Certainement pas, c’est tout simplement différent du travail en groupe. Une idée, un texte, une instru, et zou, on passe à la suite, pas d’artifice, pas de long solo de scratch, peu de samples, Snakee balance ce qu’il a à dire et enchaine, le résultat étant des morceaux relativements courts, 2 à 3 minutes en moyenne, témoins d’une influence punk. On trouve même pas mal de coupures rythmiques au milieu des morceaux qui viendront séparer les couplets entre eux, le beat n’est finalement là qu’au seul et unique service du texte.

Côté texte justement ça dit quoi ? ça dit que ce grand bavard de Snakee a des choses à dire et l’autocensure est mise au placard au profit de textes bruts et sans détour. Si les paroles de P2R Prod étaient de fines sculptures, celles de Snakee seraient une bûche pausée lourdement sur la table l’écorce et la mousse avec, laissant à l’auditeur un choix simple : t’aimes ou t’aimes pas. Cette absence de consensus est d’ailleurs un des thèmes récurents que l’on retiendra dès la première écoute de l’album avec notament le morceau à prendre ou à laisser : Snakee ne cherche qu’à se présenter tel qu’il est, et advienne que pourra. On trouvera donc des textes qui, en dehors du sujet précis qu’ils traitent sont des audes à la liberté d’expression : Des putes et des porcs, le batard l’enculé, et le fils de pute,... Si l’ambiance générale de l’album oscille entre mélancolie et colère, on trouvera un souffle de bonne humeur sur l’Outro, comme pour dire à l’auditeur après 19 morceaux d’observations dénonciatrices qu’après tout la vie continue.

Pour finir, l’éternelle question à laquelle est sensée répondre une chronique de disque : Je veux de l’air est-il un bon album ? Oui, et non, ça dépend tout simplement de qui l’écoute. Snakee nous livre ici un album personnel, et semble-t-il sincère, on pourrait parfois reprocher une certaine frustration pour ce qui est de la courte durée des morceaux et des coupures de rythmes au moment ou notre tête se ballançait pourtant si bien, mais après tout, c’est à prendre ou à laisser alors télécharge l’album et fait toi ta propre idée.

Je veux de l’air se télécharge gratuitement ici.

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